Coven - Mini-nouvelles - #01 à #03

Je me suis lancé récemment le défi d’écrire des mini-nouvelles. Elles prennent place dans Coven, un univers de ma création. Je ne cherche pas la qualité, mais avant tout l’entraînement, le plaisir et l’envie de concrétiser mon univers. Je vous le partage, d’abord parce que ça pourrait peut être vous plaire, mais aussi pour recueillir vos retours constructifs afin d’améliorer mon écriture et la cohérence de Coven. Merci de prendre le temps de me lire et de me faire des retours, ça me touche beaucoup !

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#01

Trente élèves studieuses. Trente élèves tapotant mécaniquement sur des écrans bombés dont la surface s’enfonçait légèrement à chaque appui, comme une pression dans du miel. Trente élèves rédigeant soigneusement le moindre mot de la professeure qui dictait d’une voix monocorde la leçon du jour. Elles avaient déposé sur sa chaise un mélange de boue, de crachats et de sang menstruel. Elzie s’était résignée à s’asseoir, une fois encore. Elle entendait les rires à peine étouffés de ses camarades de classe qui furent stoppés net par un regard autoritaire de la professeure. Elzie tapotait sur son écran comme les autres, mais ce qu’elle y écrivait n’avait plus de sens. Les lettres et les symboles s'enchaînaient comme autant de souillures dans sa jeune vie absurde. Ses cheveux d’un blanc de nacre et sa pâleur trahissait ses origines sylphes. Le cristal de quarz qui pendait à son cou était à peine visible sur sa peau diaphane. Elle pouvait comme sentir le regard de dégoût que lui inspirait les autres filles, des filaments d’énergies sombres qui la traversait de part en part, cherchant à ternir son coeur. Une telle vague de noirceur atteignit alors ses limites. Les lettrines affichées sur son ordinateur organique mutèrent soudainement pour se transformer en minces filaments végétaux. La police à présent vivante se fraya un chemin à travers le magma liquide qui composait la surface de l’écran jusqu’à former des saillies. Fermement, à mesure que la vie trouve son chemin, de petites pouces végétales émergèrent et en quelques secondes devinrent des plantes et des fleurs qui transperçait le bois du pupitre. Le cristal d’Elzie se remplit de noirceur tel de l’encre de chine se mélangeant avec du lait, incapable de contenir cette souffrance. La professeure vint jusqu’au pupitre d’Elzie dans une démarche ridicule qui traduisait sa fureur.

“Miss Temple ! Veuillez cesser immédiatement cette mascarade ! Miss Temple, dois-je vous rappeler que nous acceptons uniquement la présence de votre espèce dans la mesure où vous ne faites pas démonstration de vos… diableries ?!”. Mais Elzie, même si elle le voulait, ne pouvait contenir un tel pouvoir. Paniquée, elle se leva, révélant la fiente collé sur son postérieur et provoquant l’hilarité générale. Un tapis de mousse commençait à se former sous ses pieds. Impuissante, elle quitta la salle de classe tandis que la professeure ramenait le silence. Elle courait maintenant, à perdre haleine, sans se rendre compte que le couloir interminable qu’elle traversait se muait en un chaos végétal qui atteignait jusqu’au plafond et qui brisait les carreaux des fenêtres.

A l’intérieur, le calme était revenu.

Vingt-neuf élèves studieuses. Vingt-neufs élèves tapotant mécaniquement sur des écrans bombés…

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#02

Le dirigeable de la police royale perdait de l’altitude. La peinture rouge flamboyante se refléta sur la surface de la Tamise quelques secondes avant d’y plonger. Entre les immeubles virevoltait un gigantesque cafard, couleur ténèbres, avec quatre paires d’yeux rouges composés et deux ailes déployées qui battaient l’air. Il alla se poser au beau milieu d’une avenue, provoquant la panique dans ce quartier bondé à cette heure de la journée. Se frayant un chemin à travers les honnêtes gens qui fuyaient, Vertiline et Elzie se dirigeaient vers l’esprit corrompu.

“ -Waw, qu’est-ce que c’est que ça ? s’écriait Elzie pour surpasser les cris de panique.

-C’est un hybride, répondit Vertiline qui sortait déjà son épée bardée de cristaux colorés. Je ressens beaucoup de tristesse, et de peur.

-Je me demande quelle tristesse a bien pu créer un esprit si énorme ! Est-ce que tu as vu quelque chose ?

-Oui. Des femmes, beaucoup d’amour. Je ne comprends pas.”

En attendant de comprendre ce que signifiait la vision de Vertiline, il fallait agir pour protéger la population. Les deux adolescentes s’élancèrent vers le monstre qui détruisait tout sur son passage. Elzie enserra les pattes de l’animal grâce à sa magie végétale tandis que Vertiline, préssentant à l’avance les attaques du cafard, lui assénait des coups d’épées. Quelques instants plus tard, trois paires d’yeux avaient disparus de la tête de l’insecte. Il était à présent suffisamment affaibli pour se laisser lire. Vertiline se concentra pour percevoir clairement les énergies qui le parcourait. Un flot d’énergies très concentrées parvenait de l’extérieur. Il suffisait alors de suivre le fil pour en trouver la source. Le cafard profita de ce moment de répit et mobilisa ses dernières forces spirituelles pour se lancer à la poursuite d’une femme qui tenait dans ses bras un bébé. Elle l’avait enlevé de son berceau quelques secondes auparavant pour tenter de se mettre à l’abri dans un immeuble.

“ Elzie ! Trouve l’ancre ! Je m’occupe de lui !”

Elzie s’élança derrière l’esprit, laissant au passage davantage de végétation tropicale pour  ralentir la bête. Elle voyait très clairement le flot des énergies et suiva le fil jusqu’à un quartier complètement délabré, pourtant à quelques encablures du faste de la haute ville. Le souffle court, elle arriva dans une ruelle sombre où le fil semblait mener. Elle s’approcha prudemment. Dans une benne pleine d’ordures, dans des linges encore blancs, une douzaine de nourrissons gisaient là, abandonnés, noyés de larmes. De leur petit corps boudinés dégoulinaient des énergies si pures et si torturées à la fois. Elzie tomba à genou, paralysée par les émotions. Elle trouva tout de même la force de sortir de son sac plusieurs petites pierres de jade, qu’elle déposa  ensuite sur le front des enfants. Elle tendit sa main vers eux, se concentra. De minces filaments blanc et noir en spirales sortaient doucement et se transféraient dans les cristaux.

Vertiline, interposé entre le cafard et les innocents, fermait les yeux, se préparant à se faire dévorer. Mais rien ne se passa. Quand elle rouvrit enfin les yeux, l’insecte avait retrouvé une taille plus modeste et luisait de mille couleurs. Il déploya ses ailes et rejoignit plusieurs autres esprits apaisés dans les hauteurs. Elle se retourna et en voyant le regard compatissant de la femme qu’elle avait sauvé, serrant fort dans ses bras son enfant, elle comprit le sens de sa vision.

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#03

Du liquide pourpre se répandait sous la surface translucide de son organext. L’appareil circulaire semblable à une grande montre à gousset, battait la chamade. Mahulda l’avait programmé pour la mener à la naissance d’une sorcière. La zone rouge lui indiquait la position sur la carte organique. Elle n’était plus très loin. La voiture s’arrêta brusquement. Le chauffeur la regarda d’un air désolé. La portière s’ouvrit.

“Madame, veuillez sortir du véhicule”. Mahulda reconnut très vite l’insigne de l’inquisition royale sur le pourpoint de l’officier. Elle sortit sans rien dire, attendant de voir à qui elle aurait à faire. A quelques pas se tenait un homme d’une large stature, les cheveux et la barbe blanche, la moustache en guidon, l’uniforme réglementaire des hauts gradés.

“Fouillez-là, ordonna-t-il, tout en regardant les alentours”

L’officier fouilla son sac, puis répandit son contenu sur la route végétale. Des bougies, des herbes et des cristaux se déversèrent sur le gazon. Le maréchal s’avança.

“ Nous nous doutions que votre espèce reviendrait en ville, lacha-t-il avec dédain. Mais je ne m’attendais pas à tomber sur Madame trouble-fête. Qu’est-ce que vous...

-Maréchal St John, coupa Mahulda, ce n’est pas le moment de faire surgir les vieilles rancoeurs, je dois absolument aider…

-Il n’est pas question que vous aidiez quique ce soit. Vous êtes en état d’arrestation.

-Et pour quel crime ? s’écria Mahulda

-Vous le savez très bien, madame, ne faites pas l’innocente. Votre existence même est une hérésie.

-Vous ne vous rendez pas compte de ce que vous faites ! Vous condamnez une enfant !

-Bien au contraire, nous empêchons que vous puissiez exercer votre influence démoniaque sur des innocentes. Embarquez là !

-Vous n’avez pas le droit !

-Détrompez-vous, déclara-t-il en s’approchant tout près d’elle.  J’ai tous les droits. Ordre de Sa Majesté.”

Alors que l’officier la conduisait violemment dans la voiture du Maréchal, il s’arrêta net. Ils virent alors tout trois le manoir du bout de la rue qui s’embrasai soudainement, laissant échapper une fumée noire qui dessinait des volutes dans le ciel. De la bâtisse en flammes sortit une jeune femme. De son corps frêle émergèrent des flammes qui calcinèrent les arbres tout autour d’elle. Quand elle se calma enfin, elle tomba à genou dans l’allée, contemplant les ruines du manoir en pleurant et en gémissant.

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Quel est mon style photographique ?

Mes différents styles photographiques, tels que présentés sur mon site : www.ether.format.com

Mes différents styles photographiques, tels que présentés sur mon site : www.ether.format.com

Quelque temps après avoir commencé la photographie, j'ai commencé doucement à dessiner les contours de ce qui allait devenir petit à petit mon style photographique. A l'époque, je traînais beaucoup ma souris sur le site deviantArt. Là-bas j'y ai découvert plusieurs photographes, souvent des adolescentes, mettant en scène des amies ou elle-même dans la nature, avec une approche poétique, une lumière naturelle douce (bien souvent au coucher du soleil) et avec un rapport très organique entre le corps, le végétal et/ou l'animal. J'étais fasciné par ces visions sans vraiment comprendre pourquoi. J'ai donc naturellement tenté d'aller dans ce sens.

Les photographies d'Alexandra Sophie, qui m'ont beaucoup marqué à l'époque de mes explorations sur deviantArt

Les photographies d'Alexandra Sophie, qui m'ont beaucoup marqué à l'époque de mes explorations sur deviantArt

A cela s'est ajouté petit à petit une fascination pour tout ce qui est ancien, et en particulier dans une période un peu floue entre le XIXème et la première moitié du XXème siècle, ajouté avec une pointe de surnaturel et de merveilleux. La féérie s'est invitée doucement dans mon univers. Et plus je m'enfonçais dans cet autre monde étrange, et plus il devenait difficile de le montrer par le réel.

Un shooting avec Samantha Meglioli qui a marqué un tournant dans ma compréhension de mon style photographique.

Un shooting avec Samantha Meglioli qui a marqué un tournant dans ma compréhension de mon style photographique.

Je me souviens d'une période où je faisais peu de shootings, parce que les modèles avec qui je travaillais n'avait pas de tenues anciennes qui correspondaient à ce que j'avais envie de mettre en scène. Je me débrouillais parfois avec des tenues contemporaines vaguement vintage, qui, avec un cadrage et une lumière adéquate, pouvait s'approcher de l'atmosphère éthérée que je cherchais à obtenir.

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Et puis, à force de frustration, j'ai finis par développer d'autres styles, en me servant des contraintes. En l'occurence, celles des gardes-robes des modèles. J'ai ainsi construit plusieurs séries autour de styles de tenues différentes. Ces séries plus contemporaines m'ont permis d'aller expérimenter d'autres façons de photographier et de développer un certain sens de la mode féminine actuelle . A partir de ce moment là, j'ai divisé mes travaux photographiques selon ces styles vestimentaires. Avec le recul, je me rends compte qu'il ne s'agissait pas de séries photographiques à proprement parler (c'est à dire un ensemble de photographies qui exprime quelque chose de particulier dans un ensemble relativement cohérent) mais plutôt une façon de compartimenter mon travail de façon purement visuelle.

Mon premier shooting dans le style que j'ai appelé "Teenage Dream", avec Clémence.

Mon premier shooting dans le style que j'ai appelé "Teenage Dream", avec Clémence.

J'en suis arrivé à un point où il était logiquement beaucoup plus simple d'organiser un shooting improvisé avec des tenues contemporaines qu'un shooting élaboré dans mon univers personnel. J'ai développé à partir de là une frustration qui m'est toujours présente aujourd'hui. Un dilemme constant entre d'un côté l'envie de dévoiler mon univers intérieur si particulier et de l'autre le plaisir de photographier simplement et d'expérimenter de nouvelles choses. J'en suis venu à être très frileux sur la publication de mes photographies et de façon plus large sur la communication sur mon activité d'auteur photographe. Que publier ? Uniquement mes travaux très personnels mettant en scène mon univers intimiste (que j'ai surnommé "Ether") ou bien montrer également tout le reste ?

Lola, dans le style "Teenage Dream"

Lola, dans le style "Teenage Dream"

Lola, dans le style "Ether"

Lola, dans le style "Ether"

Finalement blasé par le peu de visibilité de mes travaux, au moment du déclin des pages facebook, et m'intéressant de plus en plus à d'autres façons de mettre en scène mon univers (en vidéo, puis en jeu de rôle), j'ai abandonné toute ambition concernant la photographie. Et ironiquement, c'est à partir du moment où j'ai commencé à m'en désintéresser que l'intérêt est revenu.
oyant la quantité de photos que j'avais accumulé au fil des années, j'ai décidé de publier quasiment une photographie par jour sur les réseaux sociaux (facebook, instagram et google +) dans le courant de l'année dernière. En séduisant les algorithmes qui privilégient la régularité et l'engagement et avec l'explosion récente d'instagram, je n'ai jamais eu autant de gens qui voient, aiment et commentent mes photographies. Alors soyons clair, ce n'est pas la célébrité. Mais moi qui croyait que mon travail n'intéressait personne, je me retrouve à avoir régulièrement des commentaires et des messages d'encouragements qui me rassurent un peu dans ma démarche.

Mon compte Instagram au 8 novembre 2015, quand je ne publiais à l'époque que le style "Ether". J'aimais beaucoup mon feed mais je n'avais pas assez de contenu pour publier très souvent.

Mon compte Instagram au 8 novembre 2015, quand je ne publiais à l'époque que le style "Ether". J'aimais beaucoup mon feed mais je n'avais pas assez de contenu pour publier très souvent.

Mon compte instagram au 6 juin 2018. Près de 400 photos publiées, plus de 1000 abonnés et une moyenne de 60 likes par photo. Mais un patchwork de styles hétérogène ?

Mon compte instagram au 6 juin 2018. Près de 400 photos publiées, plus de 1000 abonnés et une moyenne de 60 likes par photo. Mais un patchwork de styles hétérogène ?

Mais cet apparent regain d'intérêt, de la part d'un certain public et de moi-même, met une fois encore mon dilemme en jeu. Ce que je publie au jour le jour en ce moment, c'est un patchwork de styles dans lequel ce qui m'intéresse particulièrement est dilué dans la masse. C'est aussi la conséquence de ma récente centralisation de mes activités sur internet (un seul site web, un seul compte par réseau social etc.).
C'est vrai qu'avec le temps, les styles ont évolués et à présent les frontières sont de plus en plus floues. J'ai réalisé à quel point toutes mes photographies ont un seul et même style global qui m'appartient. Un style dont je suis le premier critique d'ailleurs, par ce qu'il montre un monde très hétéro-normé et aphrodiste (entre autres problèmes). Mais j'apprends de plus en plus à l'assumer, tout en le faisant évoluer à mesure que je me sensibilise.

La question qui reste donc en suspens, et dont je vous soumet la réflexion, est la suivante :
Serait-il pertinent que je mette davantage en avant cet univers ancien et éthéré qui me tient particulièrement à coeur, plus que le reste ? Au risque de mettre de côté mes autres réalisations plus spontanées et expérimentales, les faisant plus discrètes ou les publiant à part. Comment trouver le bon dosage ?

Bilan Premier Trimestre 2018

Nous sommes déjà début mai et j'ai le sentiment de ne pas avoir accompli grand chose en ce début d'année 2018. D'où l'idée de faire une liste de ce que j'ai fais en janvier-février-mars, histoire de voir que non, je n'ai pas rien fait, et oui, ça avance, doucement mais sûrement !

La création de Coven, mon univers de sorcières adolescentes, commence à se dessiner plus clairement. Je suis encore loin d'avoir un univers cohérent de A à Z, mais je sais quelles en sont les thématiques principales et quel est le canon esthétique général. Côté jeu de rôle, pas encore de règles dédiées pour Coven Sublime, mais je multiplie les hacks de jeux existants pour explorer l'univers et voir quels règles pourraient convenir particulièrement au jeu final. Je travaille également sur des cadres pour Happy Together, le premier inspiré par Lost in Translation et le second par Kiki la petite sorcière.

J'ai réalisé 9 shootings, principalement des tests pour trouver de nouvelles modèles et des expérimentations. J'attends la belle saison pour lancer des projets de shootings plus travaillés, notamment ma série cinématographique dans l'univers de Coven ("Ether"). Je continue de publier une photo par jour sur les réseaux sociaux, et je me réjouis de voir qu'elles sont appréciées, particulièrement sur Instagram. Je réfléchis à la possibilité de reprendre les articles de blog avec des shootings complets, comme je le faisais avant.

Les objectifs pour le prochain trimestre sont les même : travail sur Coven (l'univers et le jeu de rôle), maîtriser des parties de jeu de rôle et continuer mes séries photographiques. J'aurais bien plus de choses à dire en détail, mais je vous laisse déjà avec tout ça ^^

Jeu de rôle :

/ Mes jeux :
    . Partie de Coven Sublime (hack de Happy Together)
    . Partie de Coven Sublime (hack de Happy Together & Prosopopée)
    . Partie de Happy Together dans le cadre "Apprenties Sorcières"
    . Partie de Happy Together dans le cadre "Perdu dans la Traduction"
    . Rédaction d'une première version de l'univers de Coven
/ Parties (en tant que MJ ou Animateur) :
    . Monster of the Week
    . Sphynx
/ Traduction :
    . Good Society (Kit démo) (En cours de traduction)

Articles de blog :

    . "Renaissance" - https://covenether.squarespace.com/blog/2018/2/6/renaissance
    . "Le chaos en nous" - https://covenether.squarespace.com/blog/2018/2/13/le-chaos-en-nous
    . "Comment j'ai créé mon jeu de rôle : Happy Together" (Partie 1) - https://covenether.squarespace.com/blog/2018/2/13/comment-jai-cree-happy-together
    . "Comment j'ai créé mon jeu de rôle : Happy Together" (Partie 2) - https://covenether.squarespace.com/blog/2018/2/13/comment-jai-cree-happy-together-partie-2

Photographie :

    . 9 shootings réalisés
    . Environ 60 photos publiées sur les réseaux sociaux (instagram, facebook, google +)

Lectures :

   . L'histoire de Dungeons & Dragons, de Fabrice Sarelli
   . Good Society (Jeu de rôle)
   . Misspent Youth (Jeu de rôle)
   . L'Art zen du temps, d'Erik Pigani

Comment j’ai créé mon jeu de rôle ? Happy Together (Partie 2)

Promouvoir le livre

La première interface pour la promotion (et la vente) du livre, c’est le site internet, du nom de Maître-Bois, le nom de mon label indépendant. Le site est un Wordpress hébergé chez OVH avec le nom de domaine maitrebois.com . Je l’avais déjà mis en place pour mon jeu précédent (Happy) donc ça a été assez simple de créer puis mettre à jour la page existante à la sortie du jeu, avec un lien vers la boutique de Lulu.com et un autre pour l’achat du PDF via Paypal.

Il se trouve que je suis photographe, donc j’ai pris le temps de réaliser des photographies pour mettre en avant le livre du jeu. J’ai également ajouté des liens vers les rapports de partie et les media rôlistes qui parlent du jeu. Le site est accompagnée d’une page web “Maître-Bois”, et je relaie également les infos sur mon compte facebook et Google +

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Mon implication au sein de la communauté des Courants Alternatifs est également un atout, puisque j’y échange régulièrement avec les membres. Il y a plusieurs rapports de partie qui ont été rédigé sur le forum et j’y relaie moi-même les news sur le jeu .

Etant également vidéaste, j’avais envie de réaliser une petite vidéo promotionnelle du jeu, pour retranscrire son ambiance et donner envie de le découvrir. Je suis parti sur l’idée de filmer un groupe de personnes en train de s’adonner à une activité de loisir. J’ai filmé à deux endroits différents, dans un club d’escalade et lors d’une répétition de musiciens dans un conservatoire. J’avais dans l’idée de faire un mix de plusieurs activités. Finalement, la répétition de musique était amplement suffisante et je me suis concentré là dessus. A partir de là, j’ai écris un texte en vue d’être enregistré en voix-off. Par hommage aux fictions qui m’ont influencé pour le jeu, j’avais envie d’avoir une voix-off en japonais ou en anglais. J’avais déjà réalisé un court-métrage avec une voix-off anglaise, donc j’ai naturellement demandé à la même comédienne de réitérer l’expérience pour cette vidéo. Malheureusement, après un enregistrement de mauvaise qualité, elle s’est montrée indisponible. Je n’ai pas pu sortir la vidéo au moment de la sortie du jeu, et étant occupé ensuite, il m’a fallu quelques mois pour m’y remettre et trouver une remplaçante pour la voix-off.

Au final, la vidéo est sortie bien après la sortie du jeu et est passée relativement inaperçue. Elle est tout de même disponible sur la page web du jeu, fournissant une vidéo d’introduction utile, je pense.

De façon plus globale, je suis assez insatisfait de la communication autour de ce jeu. L’année 2017 a été très compliquée pour des raisons personnelles et professionnelles et la plupart des actions de communication que j’envisageais de faire sont tombées à l’eau. En plus de ça, j’ai fais peu de conventions. Je n’ai pas pris le temps de contacter les medias rôlistes, donc la sortie du jeu est passée quasiment inaperçue.

Parmi les actions de communication que j’aurais aimé entreprendre :
. proposer des parties démo régulières en virtuel
. prévenir les media rôlistes, avec un envoi sur demande d’un exemplaire PDF ou papier
. créer un évènement autour de la sortie du jeu
. créer une vidéo de présentation des règles du jeu
. créer une vidéo avec un exemple de partie
. créer des vidéos ou articles expliquant ma démarche de création

Malgré tout ça, j’ai eu de bons retours au sein de la communauté des Courants Alternatifs et le jeu est parfois cité dans des podcasts ou discussions comme exemple par rapport à sa proposition atypique (autant pour le format que pour sa proposition ludique). C’est déjà beaucoup pour moi qui n’attends pas tellement de succès d’un tel jeu. Je pense tout de même qu’il y aurait un potentiel à le faire connaître davantage et j’espère un jour pouvoir prendre le temps de lui donner l’éclairage qu’il mérite.

Les chiffres

Dans la logique de mon format poche noir & blanc sans illustration (sauf la couverture en couleur), j’avais envie que le jeu soit très abordable. J’ai donc fixé le prix à 10€ pour le livre et 5€ pour le PDF, ce qui revient pour les deux à une marge d’environ 3,60€ (en enlevant le prix de fabrication et la marge de Lulu pour l’un, et de l’autre la commission paypal, cf le détail plus loin).

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Avec le recul, je me dis que j’aurais peut être pu mettre une marge un peu plus élevée, afin de pouvoir proposer le jeu en boutique. Cela dit, j’étais parti sur une logique d’impression à la demande avec très peu d’avance pour du stock, donc ça faisait sens à ce moment là. J’ai commandé un stock d’une vingtaine de livres pour en vendre directement lors des quelques conventions de l’année 2017, ce qui ne me semblait pas un investissement très risqué.

/ Dépenses : -230,48€

180,48€ - Exemplaires tests et exemplaires de stock
50€ - Impôts (14,10% en auto-entrepreneur)

/ Recettes : +328,18€

100,70€ - 19 Livres papier (Lulu)
200€ - 20 Ventes directes (Stock)
27,48€ - 6 PDFs (via paypal)

Total d’unités vendues (tout format confondu) : 45

Résultat : +97,70€

J’ai donc vendu en tout et pour tout 45 exemplaires de Happy Together, dont une partie en conventions. Pour le détail, je me suis rendu à la Queervention de Rennes (6 exemplaires), à Ultavia à Poitiers (3 exemplaires) et Octogônes à Lyon (8 exemplaires). A noter que j’ai vendu un certain nombre de Happy (la version solo) en parallèle, ce qui n’est pas négligeable. C’est un nombre de ventes qui ne fait pas beaucoup rêver à première vue, mais dont je suis plutôt content au vu des circonstances : un jeu à la proposition très OVNI (même pour les indés), un manque de temps et d’argent  certain pour communiquer sur le jeu sur internet et en conventions. C’est donc plutôt positif à mon sens, parce que je me dis qu’avec plus de temps et d’argent investis, j’aurais pu en vendre certainement bien plus. Ça reste très modeste mais il faut savoir que je pars de loin. Je n'aurais jamais pensé être capable d'aller au bout d'un tel projet il y a encore quelques années. C'est donc pour moi une petite victoire.

Conclusion

Après la petite expérience de publication de Happy, j'ai mis la barre un peu plus haute pour Happy Together, en réalisant un jeu de rôle sur un thème particulier qui me tenait à coeur, en apprenant à maîtriser le logiciel Scribus pour la maquette, en concevant une charte graphique pour l'ensemble du livre et en réalisant une vidéo promotionnelle du jeu (entre autres nouveautés!). Je regrette de ne pas avoir eu plus de temps et d'énergie pour faire la promotion du jeu. Malgré tout, la réception du jeu a été relativement bonne au sein de la communauté alternative francophone et surtout je suis satisfait d'avoir réussi à créer et partager ce jeu.

Cette deuxième expérience de publication était riche en apprentissage et me servira très certainement pour la réalisation de mes prochains jeux. Je tiens à remercier à nouveau tous ceux qui m'ont soutenus de près ou de loin dans la création et la promotion du jeu. Ce sont ces échanges qui me motivent à poursuivre mes errances créatives. Merci.

Pour plus d'infos et/ou commander Happy Together en livre papier ou PDF :
http://www.maitrebois.com/h-a-p-p-y-t-o-g-e-t-h-e-r/