Réunification en cours

Deux mois se sont écoulés depuis que j'ai pris la décision de réunir mes multiples identités numériques. J'en fais à présent le bilan provisoire.

Mon nouveau site web, qui regroupera l'ensemble de mes activités, est en construction. C'est un long chantier, mais je suis heureux d'avoir trouvé une plateforme qui me convienne pour effectuer ces travaux (Showit 5). J'utilise à présent principalement un seul compte par réseau social : Gaël Sacré et la page Gaël Sacré Photographe sur Facebook, @gaelsacre sur Instagram et Gaël Sacré sur Google +. J'utilise encore peu twitter avec lequel je suis moins familier, mais j'ai un compte que j'utilise occasionnellement @gaelsacre.

Pour le moment, le bilan est plutôt positif. J'ai retrouvé la motivation de publier, et surtout je suis relativement régulier, puisqu'il y a eu des news et des photos toutes les semaines durant les deux derniers mois. Par contre, je regrette un peu la cohérence que j'avais construite sur mes différentes identités. Par exemple mon Instagram @gaelsacre que je réservais pour mes travaux photographiques dans mon univers féérique/ancien est maintenant un patchwork de tout ce que je fais. Ça rend la lisibilité de mes activités beaucoup plus complexe. Dernièrement, j'ai sorti un jeu de rôle et la logique a voulu que je mette le lien dans la description pour que les intéressés puissent aller se renseigner sur le jeu et éventuellement l'acheter. Mais du coup, le lien vers mon site photo n'y est plus, ce qui est embêtant pour ceux qui seraient intéressés par mes travaux photos, ou plus particulièrement par mes photos de mariage.

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Mon compte Instagram au 16 juin 2017

Je ne me vois clairement pas faire marche arrière à présent, mais je me demande comment parvenir à gérer un minimum de cohérence et de clarté pour permettre à ceux qui s'intéressent à une de mes activités en particulier de ne pas être noyé par l'ensemble. Je pense toutefois que cette nouvelle organisation me pousse à faire des ponts entre toutes mes identités et j'ai espoir que je finirai par trouver comment relier tout ça de façon claire pour moi et pour les autres.

Une autre conséquence, mais positive cette fois-ci, c'est que cette réunification me donne envie de déconnecter mes créations. C'est à dire ne plus se reposer sur mes sites et les réseaux sociaux uniquement pour diffuser mes oeuvres. Je ressens le besoin de matériel physique, comme pour avoir des preuves que ce que je crée n'est pas seulement une abstraction numérique qui s'effacerait dès lors qu'internet serait coupé. J'ai publié mon jeu de rôle récemment et c'est un vrai plaisir de le tenir entre mes mains. J'ai envie de faire imprimer mes photographies, sous forme de toiles ou de tirages encadrés, afin de pouvoir les exposer chez moi, les proposer en exposition dans des lieux physiques et éventuellement les vendre. J'ai envie de créer des livres photos, pour faire vivre mes photographies avec des mots.

Beaucoup de travail m'attends encore sur le chemin de cette réunification identitaire. A tous ceux qui me soutiennent, de près ou de loin : merci !

 

Comment j'ai morcelé mon identité en petits morceaux

Il y a 10 ans, j'avais une identité qui me semblait claire. J'étais photographe. La plupart des gens me connaissaient en tant que photographe. Je passais la plupart de mon temps à faire des photographies. C'était à priori cohérent. Mais ça n'a jamais été qu'une activité créative parmi tant d'autres. Avant la photographie, j'ai fais de la musique, puis j'ai eu envie d'être réalisateur dans l'audio-visuel. Mais c'est la photographie qui m'a accroché, où j'ai pu m'exprimer avec la plus grande aisance et qui m'a permis d'explorer mon univers personnel. Et d'une certaine façon de me découvrir.

En comprenant mieux mon univers personnel, j'ai commencé à partir dans d'autres directions. L'audio-visuel d'abord, dans lequel j'ai tenté d'écrire et de mettre en scène mes histoires. Puis le jeu de rôle, révélation tardive mais ô combien importante dans la suite de mon exploration et sur lequel repose aujourd'hui la base de mon développement créatif. Toutes ces activités m'ont éloignées de la pratique de la photographie. Ou en tout cas, j'ai pensé que c'était le cas. A un certain moment, j'ai décidé de tout séparer. Je voyais chez les autres une cohérence dans leur identité, comme une sorte de ligne éditoriale à échelle humaine, qu'il faudrait suivre absolument sous peine d'être un individu flou, qu'on aurait du mal à cerner et dont on se désintéresserai si tôt qu'un aspect de sa personnalité ne serait pas en phase avec les attentes présumées. Ainsi, j'ai démultiplié mon identité virtuelle en plein de petits morceaux, comme autant d'horcruxes éparpillé dans le monde numérique, contenant chacun une part de moi. Si bien qu'aujourd'hui, je ne me reconnais plus. Je ne sais plus où donner de la tête. Moi qui ait pourtant toujours eu à coeur de n'écouter que mes envies, j'ai séparé mon âme en de nombreuses identités pour séduire un public différent, logique marketing destructrice, déshumanisante.

Quelles sont donc toutes ces identités factices ? Faisons le point ensemble.

Photographie
. Gaël Sacré, Photographe de mariage : site web, blog, compte facebook, page facebook, instagram
. Gaël Sacré, Photographe de portrait "Ether", ambiance ancienne et féérique : site web, blog, page facebook, instagram
. Teenage Dreams/Candide Dreams, Photographe de portrait "Mode" : 500px, page facebook, instagram
. Personae, cours de photographie : site web

Vidéo
. Gaël Sacré, chroniques et courts-métrages : chaîne Youtube, chaîne Vimeo
. Mandala, vidéos sur le jeu de rôle papier : chaîne Youtube, Dailymotion et sur le site Junkfood Factory

Jeu de Rôle
. Maître-Bois : site web & blog, page facebook, compte google +

+ un compte facebook auteur "Gaël Sacré", qui regroupe tout, sauf la photographie de mariage (qui a son propre compte dédié)
+ un compte twitter "Gaël Sacré (Willox)"

Le fait de mettre à plat ainsi toutes ces identités me révèlent d'autant plus l'absurdité de la situation. Qui peut bien être capable de gérer sereinement autant d'interfaces de communication sans développer des troubles de la personnalité ? Comment en suis-je arrivé à de telles extrémités ?
Aujourd'hui, je ressens le besoin de me recentrer. Au fil de l'exploration de mon univers, j'ai compris peu à peu que tout était lié d'une façon ou d'une autre, que toutes mes activités, si diverses en apparence, ne sont en fait que l'expression d'une seule et même individualité. Et quand bien même le tout ne formerait pas une cohérence à toute épreuve, il me faut accepter ma propre diversité d'intérêts ainsi que mes contradictions. Je ne suis pas un individu multiple, je suis un individu complexe, comme nous le sommes tous et toutes. Il est temps pour moi d'assumer qui je suis.

Je ne sais pas encore de quelle manière, mais j'envisage, dans la mesure du possible, de regrouper un maximum mes différentes activités afin d'avoir un réseau de communication principal, à savoir un site web, un blog et un seul compte par réseau social. Ce ne sera pas peut-être pas possible pour tout, mais je compte bien réduire ses itérations de moi-même le plus possible, au moins sur les réseaux sociaux.

Qu'en est-il de vous ? Avez-vous aussi tendance à vous éparpiller ? A vous créer des identités numériques pour masquer vos incertitudes ? Ou bien êtes-vous de ceux qui assument pleinement leur personnalité complexe ?

 

Pourquoi je ne ferai pas de financement participatif

J’ai créé un jeu de rôle. Ça s’appelle Happy Together. On y joue des personnages du quotidien qui passent du bon temps ensemble, malgré les aléas de la vie. Aujourd’hui, la plupart des auteurs de manuels de jeux de rôle passent par le biais de financements participatifs. Puisque c’est une question que l’on me pose souvent et que l’on va probablement continuer de me la poser, j’aimerai prendre le temps d’exposer ici pourquoi je ne le ferai pas.

Créer, c’est compliqué

J’ai toujours été quelqu’un de créatif. Je suis fasciné par les histoires. Mais j’ai toujours eu beaucoup de mal à créer, ou du tout du moins à terminer mes créations. Je cumule un nombre important de projets non terminés qui me pèsent. Avec le temps, j’en ai pris conscience et j’ai revu mes ambitions à la baisse. J’essaie de trouver du plaisir dans l’accomplissement de petites choses, avec l’espoir qu’au fur et à mesure, je puisse revoir mes ambitions à la hausse. De ce fait, ma priorité actuelle est avant tout que mes projets voient le jour. Or, s’engager dans un financement participatif, c’est rajouter beaucoup de complexité là où c’est déjà difficile pour moi.

Je ne publie pas un jeu de rôle ou un univers, mais un manuel pour faire du jeu de rôle

J’ai passé des heures à créer Happy Together. Des heures à réfléchir, concevoir, tester, maquetter, relire, communiquer… J’ai testé le jeu de nombreuses fois et il a été testé par d’autres en vue de l’améliorer. J’ai reçu de très bons retours à son propos. Le jeu en lui-même est terminé. Je pourrais le transmettre oralement, ou par le biais d’une vidéo. Le jeu existe déjà et j’en suis fier. Ce jeu, il a pour but de produire des parties, qui j’espère seront agréables et enrichissantes pour les joueurs. Il n’a besoin de rien d’autres que de ses règles pour y parvenir. Le reste serait superficiel. J’ai travaillé pour que la maquette du manuel soit la plus ergonomique possible, sans fioritures, sans illustrations, juste les règles. Un format d’environ 40 pages, en format poche, couverture couleur et intérieur noir & blanc. Qu’il soit en PDF ou en livre papier, on pourra le lire rapidement, le mettre sur son smartphone ou dans son sac et jouer où l’on veut. Grâce à Lulu, un site qui permet l’impression à la demande, le jeu aura un stock illimité et le format poche garantit un prix abordable pour tout un chacun, qui plus est lors des nombreuses périodes dans l’année où les frais de port y sont gratuits.

J’ai déjà des financements en cours

Je ne vais pas vous le cacher, j’ai déjà des financements participatifs en cours, pas en jeu de rôle, mais sur des projets audio-visuels. Bien que ce soit des projets collectifs, j’en prends une part importante de responsabilité et il me serait mal venu de demander de nouveau à mes amis et connaissances de soutenir financièrement un projet sans savoir si celui-ci verra bien le jour.

Par ailleurs, ces expériences m’ont convaincus que le financement participatif n’était actuellement pas pour moi, tant il me prive de ma liberté créative quand je dois observer des promesses tandis que ma façon de créer et de voir le monde évolue.

Je ne fais pas un manuel de jeu de rôle seulement pour les rôlistes

J’ai bien conscience qu’aujourd’hui, un jeu de rôle comme Happy Together, contemporain et abordant des thématiques de la vie quotidienne a peu de chance d’être populaire parmi les rôlistes actuels. Et pour cause, le jeu de rôle baigne depuis sa naissance dans les mondes de l’imaginaire et l’idée de jouer notre quotidien semble être un frein majeur pour beaucoup qui recherchent dans ce loisir une manière de s’échapper de notre monde si cruel. Pourtant, la littérature, le cinéma et les séries regorgent de succès critiques et populaires qui dépeignent des personnages à priori ordinaires dans notre monde – ou tout du moins, dans une vision de notre monde contemporain. Une tradition qui a à mon sens prive le jeu de rôle d’une part conséquente de la population. Il pourrait pourtant apporter énormément à notre société, et pas seulement comme pur divertissement.

Ainsi, se lancer dans un financement participatif dans le but par exemple d’améliorer la qualité du livre, ajouter des illustrations ou proposer des goodies, me semble plutôt incohérent dans ma démarche. J’aurais pu éventuellement me lancer pour débloquer un budget de communication ou de distribution pour permettre de diffuser plus largement le jeu. Ce n’est pas quelque chose que j’exclue à long terme, si les autres raisons exposées ici viennent à évoluer.

Je n’ai pas le temps (et donc pas d’argent)

Je suis photographe indépendant. Je réalise principalement des reportages de mariage. C’est une activité saisonnière mais qui me prend énormément de temps. Si l’hiver est souvent plus calme, environ 6 mois de mon année est extrêmement prise pour cette activité qui me permet essentiellement d’avoir un toit et de quoi manger à ma faim.

J’ai également fais le choix d’avoir une vie la plus équilibrée possible entre ma vie personnelle, professionnelle et créative. Je suis prêt à accepter ponctuellement de déséquilibrer la balance, tant que c’est sur une période définie et pour un projet précis. A vrai dire, ma balance est déjà déséquilibrée, ma vie oscille actuellement entre vie professionnelle et créative, au détriment de ma vie personnelle. Il n’est donc pas question pour moi de me déséquilibrer encore davantage en prenant trop de temps pour ma vie créative, tant que celle-ci ne pourra me garantir des revenus stables et réguliers.

Un financement participatif, c’est énormément de temps à préparer, communiquer, puis produire les choses qui ont été promises. C’est aussi beaucoup de responsabilité et de stress. C’est quelque chose que je vis déjà au travers de mon entreprise, je ne suis pas encore prêt à le subir pour mon activité d’auteur de jeux.

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Vous l’avez compris, pour toutes ces raisons, je ne ferai pas appel à un financement participatif pour Happy Together. Je ne dis pas que c’est la meilleure décision, mais c’est celle que j’ai prise et qui me semble la plus cohérente avec ma démarche actuelle.

La maquette du jeu est actuellement en relecture et test d’impression et j’espère le sortir au printemps 2017 en PDF et en impression à la demande sur Lulu.com. Par ailleurs, je travaille déjà depuis longtemps sur le jeu suivant, Imaginarium, dans lequel on incarne des enfants se retrouvant dans un monde imaginaire inspiré de Narnia, A la Croisée des Mondes ou encore Peter Pan, qui lui profitera peut être d’un financement participatif, qui sait ?